Viktoriia Oreshko | Le Monde des Choses
Née en Ukraine en 1997, Viktoriia Oreshko vit et travaille à Paris. Diplômée de l’Académie de Lviv puis des Beaux-Arts de Paris (félicitations du jury), elle questionne à travers sa peinture les croisements entre Histoire, mémoire personnelle et politiques du corps. Son travail a notamment été exposé au Palais de Tokyo, à la Galleria Continua et à l'international.
« Le travail pictural de Viktoriia Oreshko, peintre d’origine ukrainienne, est un véritable champ de libération, où l’imagerie crue de la guerre cède la place à une délicate réminiscence du présent. Ainsi ses huiles sur toile, tout comme ses petits formats sur bois, ne constituent en rien des témoignages, mais plutôt un moyen spirituel d’être chez elle, de retrouver sa maison, ses objets usuels. »
- Makis Malafékas, historien de l’art et écrivain.
Viktoriia Oreshko présente pour cette exposition un ensemble de peintures figuratives inédites, conçues comme les fragments d’un même univers oscillant entre réalité, souvenir et imagination.
Le soleil frappe un visage de porcelaine : sur un drap rose poudré, des figurines patientent dans l'attente d'une seconde vie. Viktoriia Oreshko est la passante qui les recueille. Chaque été, lorsqu'elle rentre à Kyiv, l'artiste arpente les marchés aux puces à la recherche d'objets familiers qu'elle photographie, découpe et recompose sur la toile.
« Je peins beaucoup de choses qui n’ont aucune valeur », affirme-t-elle. En réalité, leur valeur réside dans ce qu'ils charrient d’histoires. Témoin la carafe en poisson populaire dans les foyers soviétiques dès les années 1970 : « On ne sait pas quoi faire de ces objets, de ces images, aujourd’hui : ils représentent l’URSS mais, malgré tout, nous restons attachés à eux. »
Dans sa chambre d'enfant, entre le bruit des sirènes et les éclairs des explosions, la guerre s'invite inévitablement dans ce décor. « Je me rends compte que je parle tout le temps de la mort », confie l'artiste. Sur ses toiles, des obus transformés en vases cohabitent avec des colliers de perles. Le terrifiant côtoie le beau dans une touche fine et évanescente qui ne laisse jamais la peinture étouffer sous le poids du conflit.
Depuis peu, Viktoriia Oreshko peint aussi l’intérieur des églises orthodoxes d'Ukraine. Les détails de fresques et les autels deviennent des espaces de méditation picturaux sur la foi et la protection. En insufflant du sacré dans les objets du quotidien, son œuvre impose un arrêt et offre un recul précieux sur le tourbillon du monde.
- Marine Vazzoler, journaliste au Quotidien de l’Art
Visite gratuite de l'exposition sur rendez-vous uniquement, du lundi au jeudi de 9h30 à 17h, et le vendredi de 9h30 à 12h30 chez Sisley (3 avenue de Friedland). RSVP :3-5friedland@sisley.fr.
Convaincu que la scène émergente contemporaine a besoin d’être soutenue, Sisley en partenariat avec les Beaux-Arts de Paris, lance en 2020 le Prix Sisley Beaux-Arts pour la Jeune Création, qui entend rendre compte de l’exceptionnelle qualité de la formation prodiguée aux Beaux-Arts de Paris et accompagner les jeunes artistes diplômés. Cette distinction récompense le travail de jeunes diplômés avec une bourse et une exposition chez Sisley.
Chaque année, un jury d'exception constitué de personnalités d'influence se réunit pour étudier les les candidatures des diplômés de l’Ecole des Beaux-Arts.Sous la présidence de Christine d'Ornano, Directrice générale adjointe de Sisley, le jury 2026 réunissait des figures majeures du monde de l'art, de la culture et du design : Jean-Baptiste de Beauvais (Directeur du Département des Oeuvres des Beaux Arts de Paris), Eva Nielsen (Artiste et professeure aux Beaux-Arts de Paris), Zoé Bernardi (Artiste et lauréate du Prix Sisley Beaux-Arts 2025), Alix Dionot-Morani (Fondatrice et propriétaire de la Galerie Crève-Cœur), David Foenkinos (Écrivain), Abel Abdessemed (Artiste), Benjamin Paulin (Dirigeant de Paulin), Frédérique Dedet (Directrice de la rédaction Série Limitée Les Échos et Exquis), Pauline Laigneau (Fondatrice de Gemmyo), India Mahdavi (Architecte et designer), et Lawrence Van Hagen (Curateur et Collectionneur).
